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Kill me Sarah, du rock et les mots, le son

samedi 17 mars 2012, par sebmenard

Kill me Sarah - à chacun de trouver référence - mais faut aller faire un tour ici pour comprendre d’où on parle : Chroniques des temps perdus et bande-son pour orgasme.

Kill me Sarah - le blog

Kill me Sarah est un blog vieux de plus de dix ans - à échelle web dix années c’est un temps énorme (voir des traces ici et ici) - grande chance pour qu’à l’ouverture du blog - j’entrais au lycée - forcément dans l’expérience web c’est déjà une histoire qu’on ne peut pas se permettre de manquer - sans doute qu’il faut passer par là pour comprendre où on va.

Chroniques des temps perdus et bande-son pour orgasme (to be read at maximum volume) - textes remasterisés

Dans cet ensemble de textes on trouve des phrases comme ça :

On laissait agoniser l’après-midi avec le soleil disparaissant derrière l’immeuble en face. Je mettais Travel de Pat Metheny. C’était un bel automne.

Et c’est rock - plein de tendresse et de sensualité.

Ton souffle s’est accélérée au même moment, ta main s’est crispée, ton corps s’est tendu. Le temps est resté en l’air. Comme figé. On aurait presque pu en profiter pour s’enfuir de la réalité. On est resté là, muets, immobiles.

C’est le rock’n’roll

Avec un temps presque rêvé - c’était quand - avant les années 80.

Il fallait probablement être là, dans les seventies, avant 1977, pour rêver avec ce disque.

Et c’est aussi sans concession - parce que le rock c’est dégueulasse - ce passage autour du Berlin de Lou Reed.

C’est Bob Ezrin, le producteur. Il a dit à ses gosses que leurs mères était partie et les avait abandonnés. IL les a enregistrés en train de pleureur et d’hurler. C’est déchirant.

Impossible de ne pas noter la présence de Dylan - et on ouvre des portes - des mondes d’explications et d’histoires du rock.

Avec ce Oh Sister fabuleux. La réponse de Dylan au Diamonds an Rusts de Joan Baez. Avant de commencer il lance un énigmatique « someone watching tonight I know. She knows who she i. » Elle lui répondra sur son album suivant avec un Oh Brother. Did I come to be your sister ? 1975 . Ces deux-là s’amusaient encore.

Un temps rêvé - on l’a dit. Et pour nous - on était pas né à cette époque - c’est des pistes à explorer sans fin - c’est des cartes - des indices - en fait. Et puis des détails de rockers - détails qui n’en sont pas certainement - on prend les Stones - immanquables.

Sur l’avant-dernière chanson de la troisième face, I just Wanna see his Face, sur un tapis d’accord joués sur un piano électrique, Jagger lâche un All right à 1’54’’. Le plus formidable All right du rock.

C’est la vie

La dimension KMS c’est ce qu’il y a de vie à l’intérieur des histoires de rock qu’il nous raconte - c’est des strates - on y entre par des chansons - le nom d’un album - un artiste - et on s’engouffre comme ça.

Les Sex Pistols avaient sorti Anarchy in the UK entre temps, le punk déferlait de partout. C’était une époque de cassure, je n’ai fait que suivre l’air du temps sans même m’en rendre compte.

Humain - terriblement humain.

Je gardais mon jean, on ne m’aurait pas fait mettre un short. Tout dans l’attitude. Est-ce que sur les photos de Nellcote on le voit en short Keith ?

Les filles aussi - ça commence avec Gainsbourg et c’est terriblement sensuel - et ça file comme ça longtemps.

A la fin de l’année, à l’arrêt de bus près de la mairie, cette file m’avait prêté Ziggy Stardust, avec à l’arrière de la pochette cette phrase inoubliable, TO BE PLAYED AT MAXIMUM VOLUME.

C’est ça - la dimension littérature - comme ça se fait - à travers des histoires qu’on peut tous s’approprier - c’est des stars - c’est rockers - KMS a puisé des mondes entiers dans les magazines rock - les pochettes de disques - les vinyles - c’est plus grand - donc comment ça se fait - comme on entre dans l’humain à travers ça - les guitares les voix. Ce moment terrible du Bobe Dilane au lycée - c’est le premier cours de l’année et la prof demande qui ça intéresse - la poésie - et ça déboule comme un conte en pleine face :

Il y a eu un blanc. Qui ça ? a dit la prof. J’ai senti que ça merdait à ce moment-là. Un grand moment de solitude. L’impression de me trouver vraiment dans l’allée de la désolation. Seul contre tous. J’ai avalé difficilement ma salive et d’une voix nettement moins assurée, en rougissant jusqu’aux oreilles, à nouveau, j’ai redit ce nom qui me tournait dans la tête et dans la bouche depuis cinq minutes. Mais moins fort. Bob Dylan.

Ca cause de tout ça - de l’adolescence - des plaines qu’on arpente en regardant derrière les vitres de nos chambres.

Je cultivais silencieusement, derrière ma fenêtre, les terres stériles du jardin des frustrations adolescentes, ce fameux teenage wasteland du Baba O’Riley des Who.

Ces textes débutant par ces trois mots « je me souviens » - voir sur le blog - et des souvenirs comme des photographies (ça cause beaucoup photographie) :

Je me souviens avoir entendu Speakin’out pour la première fois un après-midi de juillet 1975 à la radio en traversant Bléré en Indre-et-Loire dans la voiture de mes parents.

Et ceci les faiblesses de la mémoire - beaucoup l’ont déjà dit - c’est impossible.

Il faudrait chercher dans les inversibles en 64 iso, un jour peut-être, pour reconstituer la mémoire disparue.

C’est le son

Avant tout ou après tout ça - le son - celui du vinyle peut-être :

Là, on laisse bien la pointe aller jusqu’au bout du sillon, jusqu’à ce que ça fasse clic, clic, clic, clic. alors on enlève le plateau pour repositionner la courroie sur la poulie 33T pour mettre le disque suivant. En t’attendant.

Les machines qu’on voit naître (Sauf qu’en 1976 le walkman n’avait pas encore été inventé.)

Un amour profond pour la musique :

Une respiration, Jones commence à marquer le temps sur ses cymbales et c’est parti. Les autres ajustent leurs mains sur leur instrument. Et puis ça part dans une danse folle comme Coltrane en inventait ces années-là.

Oui - un amour profond pour la musique - et comme elle nous cause.

J’avais commencé à me rapprocher durant It would be so nice (ah ce message subliminal, comment pouvait-elle l’ignorer ? je me suis souvenu trop tard qu’elle faisait allemand première langue) et je m’étais dit que Paintbox serait le moment idéal.

Cutup Rock’n’Roll

Dans le fichier epub - je m’attendais à trouver des morceaux - comme sur le blog - finalement - c’est peut-être très bien comme ça - cutup rock’n’roll - avec un son de guitares - forcément. (voir la Radio Marelle de Pierre Ménard pour écouter en ligne).

Gainsbourg - This Mortal Coil - Alex Chilton - Big Star - 4ad d’Iwo watts-Russell - REM - Dylan - The Rolling Stones - Robert Johnson - Keys et Price surtout - l’irremplaçable Nicky Hopkins - le sax Bobby Keys pour Soul Survivor - Night and Day de Joe Jackson tout le temps - la pochette du Super Hits de Marvin Gaye - d’Ummugumma des Pink Floyd - cette chanson de Cole Porter - les chiens de diamant de Bowie - tout dans la longue introduction ramène à Kraftwerk - Frank Black - ce « magicien » qui fascinait déjà - Jimmy Page - et les feedbacks de la guitare d’Adrian Belew - Lou Reed - Billie Holidays - Lester Bangs - j’ai levé la main pour dire Bob Dylan - un Bruce Springsteen menaçant depuis 1975 - et Patti Smith y jouer Gloria en secouant les bras de chaque côté de sa tête - Ice-T, Public Ennemy, N.W.A., Run-D.M.C. - Dimonds an Rusts de Joan Baez - reprise du London Calling du Clash - George Jackson - en novembre 1971 - une K7 de Lloyd Cole and the Commotions - to feel felt, Felt - Leonard Cohen, c’est presque du silence - 16 Horsepower - la musique de Thindersticks - The Mule, morceau de Deep Purple sur la deuxième face du Made in Japan - Genesis - la pochette cartonnée avec le dessin du voisin de Neil Young - Bryan Gregory, le guitariste des Cramps, avec une Flying V à pois - ce fameux teenage wastelan du Baba O’Riley des Who - que ce soit Trent Renor qui ira jusqu’à louer la maison du 10050 Cielo Drive pour y enregistrer The Downward Spiral, les ridicules Gun’s and Roses, qui sur The Spaghetti Incident ?, reprendront une chanson de Charles Manson (la chanson cachée du disque), Sonic Youth dans Death Valley 69, Les Ramones sur Glat to See you Go, ou le Charlie Manson blues sur le premier album des Flaming Lips, j’en oublie certainement - le 26 août 1965, dans six mois Elvin Jones et McCoy Tyner seront partis - Yes (Tales from Topograhic Oceans) - In a Gadda da Vida d’Iron Butterfly et son solo batterie contre Tubular Bells de Mike Oldfield - le wagon Joy Division - les Bad seeds de Nick Cave - tous les albums de Magazine - Blue Valentine de Tom Watis - les articles de Philippe Garnier dans Rock&Folk - Elvis qui lui a donné un préservatif la nuit de la soirée de promo de son lycée - Remain in Light des Talking Heads - Godspeed You Black Emperor ! pour la première fois - Peter Gabriel cotoyait Iggy Pop torse nu, Jimmy Page et sa Gibson double manche, Johnny Rotten, les pyramides bleues de Dakr Side of the Moon du Floyd et Bowie en thin white duke - le deuxième album de Peter Gabriel fraîchement sorti et le Live and Dangerous de Thin Lizzy - le premier et le troisième album de U2, Boy et War - mettre des diques des Simple Minds - The Pastels, Primal Scream, Felt, My Bloody Valentine (dont la légende dit que le budget faramineux dépensé par Kevin Shileds pour l’enregistrement de Loveless aura ruiné le label), The House of Love, Ride, Sowdine, Teenage Fanclub, Boo Radleys et... Oasis (mais après la vente du label à Sony en 1992) - Joy Division, Closer - et les Pierre Etienne Léon M4.

Boîte Noire

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L’ensemble de textes a été lu sur l’iPod - via la version numérique (publie.net - terrible couverture - to be read at maximum volume) - il existe aussi une édition papier.

Bande-originale : Philippe Glass / Allen Ginsberg - Lou Reed (Berlin) - le Velvet Underground - Zenzile (Living in Monochrome).

Photographies à l’iPod + Hipstamatic sans post-traitement - équipement son minimal pour survivre à Drăgăneşti-Olt.

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