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J’ai été Robert Smith - Daniel Bourrion | Rock’n’roll à l’Est et dans les nuits

lundi 18 juin 2012, par sebmenard

D’un souffle - un seul - il faut imaginer comme ça commence :

j’étais le seul l’unique j’étais l’étoile j’ai été Robert Smith

Ce qu’on a pu lire il y a quelques semaines sur le web est là dans ce fichier - ce qui s’explore alors ce sont nos nuits - les trucs les bars les boites les rades où atterrissent nos corps et nos rêves - et comme la vie des dingues et des grands c’est nos vies surtout comme elles tremblent - on a chacun nos héros - qu’ici ça soit Robert Smith et ça nous secouera tous le nôtre.

Alors ça se passe dans ce lieu qu’on a déjà croisé :

là-bas, dans la vallée à la terre noire et grise et brune et grasse et lourde que fendent toujours aussi difficilement les socs quand bien même maintenant ils sont lancés dans le ventre du sol par des machines inimaginables par ceux d’avant que j’ai connu

(on arrête là la citation - parce que c’est une langue fleuve et souffle qui a beaucoup à dire - qui dit beaucoup - mais faut bien ça pour entrer sur les terres de l’autobiographique)

Donc - faire le récit d’une folie (s’en était une ou pas ?) d’adolescent - et ce qu’on est à ce moment là - le tenir pour la vie la vie - regarde le souvenir aujourd’hui est-ce que c’est possible et comment - que sommes-nous alors à ce moment là et est-ce qu’on est toujours - là - maintenant - le même - ou bien que nous reste-t-il de ce moment :

Robert Smith ainsi, un compagnon depuis qu’était arrivée dans mes oreilles la cassette audio de Faith un soir d’ennui à l’internat, comme ça, cadeau d’un qui toujours est mon ami et qui m’a glissé le rectangle de plastique gris alors que dos chauffant au radiateur on attendait je ne sais quoi, enfin les autres je ne sais pas mais moi je sais, que tout cela termine, le soir, cette semaine et la suivante et puis la vie enfin, ces derniers mots montrant assez à quel point j’étais ado et gai et souriant.

Mais c’est aussi ces trucs qu’on vit la nuit sans savoir que c’est les pires - brouillards sur nos gueules et dans les virages - les types prêt à se foutre sur la gueule pour deux mots à côté - le son que ça fait quand on s’approche d’un bled et les rues vides - quels souvenirs on en garde et pourquoi on était là - comment - alors c’est une façon de le dire :

jusqu’aux aubes de bitume et gris et gras

Et une façon de battre le rythme - un court morceau de mots mais terriblement dosé - ça se termine comment dire - comme le solo final ou bien tous ensembles mais d’une seule voix et qui donne les dernières notes de plus en plus entrecoupées cassées folles et alors Robert Smith.

Boite noire |

J’ai été Robert Smith - Daniel Bourrion - éditions publie.net.

Lecture et prise de notes via l’iPod.

Pour Daniel Bourrion - suivre le mot-clef.

Images : concert à Cravioa, Roumanie, mai 2012.

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