journal permanent | 31 juillet 2017

lundi 31 juillet 2017, par sebmenard

Soir avec A.

Je mets une plombe à formuler ce truc d’être dans la rue, d’être dans la rue pour y vivre, s’y rencontrer, échanger, parler, décider peut-être aussi : Mario Rigoni Stern évoque la réunion annuelle de décision de partage des bois (et le travail, en groupe, qui suit, dans les bois) (récit de la pause du midi, des discussions, du repas et de la reprise du travail) (son du bois coupé), il évoque encore le vieil émigrant (le dernier voyage d’un dernier émigrant ?) de retour sur sa terre natale (et qui va y mourir), heureux semble-t-il de s’asseoir sur le banc devant la maison, et d’y regarder le monde1. Choses vues dans l’est de l’Europe. Et qui disparaissent. Qui tendent à disparaître, semble-t-il. Je crois pouvoir trouver chose similaire dans des textes de Biga.

  1. « Il aimait rester assis pendant des heures sous le prunier, dans le jardin de sa sœur, et il regardait alentour les montagnes qui changeaient de couleur à chaque heure de la journée, et les pâturages avec les vaches, et les bois sombres : c’étaient les seules choses qu’il retrouvait intactes dans sa mémoire, car la guerre mondiale d’abord, et les spéculations immobilères ensuite, avaient changé la physionimie du village ; seuls quelques hameaux conservaient un peitt quelque chose du monde d’autrefois. Mais les gens aussi conservaient ce petit quelque chose, puisque, une fois les vacanciers et les touristes partis, les soirs de septembre, avant d’allumer le feu pour le souper, ils avaient encore coutume de s’asseoir devant leur porte pour parler du temps, des oiseaux, des récoltes, du bois, des trépassés, tout en regardant les enfants jouer dans les prés fauchés. » p. 150-151, in. Hommes, bois, abeilles. ↩︎
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