journal permanent | 8 juin 2021

mardi 8 juin 2021, par sebmenard

maintenant que les jours rallongent
je vais
toujours plus dans
le grand sun
le grand sun chaud
je traverse le paysage
j’arpente

d’une façon ou d’une autre
je tiens

je nomme le colza
et la vigne

je nomme le sureau et la fougère

je suis tout cela
je suis tout cela à la fois sans doute
et je fus d’autres encore d'autres encore
pourtant
je continue
mon geste
j’obstinément là gratte
j'écris je veux dire
les jours tu vois
sont de plus en plus longs
et je nomme les graminées
les vaux et les trous d’eau
j’affine quelque chose comme
une hésitation
un doute
et une incertitude
je remplis des carnets
« POUR MA SEULE JOIE »
je répète encore je répète
je pose des questions
à chaque fois
les mêmes questions
voilà
quel est
ton lieu refuge ?

dans quels lieux
sais-tu revenir ?

mais qu’est-ce que c’est
au juste
la poésie ?

et il m’arrive parfois
de voir surgir
quelques débuts de réponse
furtifs
rapides
éphémères
et alors
ça s’éclaircit ça s’éclaircit
un peu rien qu’un peu
puis
tout redevient
ce grand brouhaha de protéines
et de bactéries
ce grand flou
fait de souffles
de râles
de déjections
et d’amour
ce grand tout
dont
la plupart du temps
nous ne voyons rien
et nous ne savons rien

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