Une cabane un camion

mardi 1er décembre 2015, par SebMénard

On venait tout juste de partir vers l’est. On entamait encore les premières centaines de kilomètres. C’était le début. C’était le début de notre grande quête du héros intime et magnifique. Elle allait se transformer en une apparition drôle et dingue — celle du looser des temps modernes et de nos désirs.

Au téléphone il finit par dire qu’il serait temps : l’un d’entre nous achète un terrain - un morceau de terre et caché. Des arbres autour — un bois par exemple — il dit c’est encore mieux un bois — simplement pour être au calme. Et voir le ciel.

On a ça donc ici et si c’est pas l’un d’entre nous on s’organise il dit.

Une cabane une caravane et puis c’est marre il dit.

On part sur des routes avec un camion — il faudra choisir un grand ou un petit camion il dit — peut-être qu’on ne peut pas prendre un grand camion dès le début il dit.

On va voir ce qui est beau - là — juste là : ce qui est assez beau pour que je garde cette histoire — et nous on venait de partir pour l’est — on venait de commencer notre grande quête du héros intime et magnifique.

Ça ne règle pas nos problèmes en fait — cette idée de prendre un terrain et de venir y poser nos cabanes.

Il y a des règles pour tout.

Des règles pour les cabanes et les camions.

Des règles pour la tune et beaucoup d’autres règles encore.

J’éteins le téléphone.

C’est sans doute la dernière fois en réalité — je veux dire : la dernière fois où je parle dans un téléphone avant un long moment.

Un camion une cabane — notre héros intime — la route de l’est ou d’ailleurs — les loosers magnifiques — tout ça c’est des images des pistes.

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