journal permanent | 25 mai 2022

mercredi 25 mai 2022, par sebmenard

dans une maison grande maison en Normandie je lis des livres dans la bibliothèque — je recopie par exemple, de Christian Bobin :

 « Assez seul pour ne l’être jamais. » 

 « Les livres établissenet les coordonnées, tracent les cartes d’une contrée déserte, vouée à l’amour et aux herbes folles, traversée par des bêtes sauvages et docues, en quête de point d’eau, en quête du point d’eau du sommeil. »

 « Ce toucher des mots, cette irradiation de la voix qui dans l’âme engourdie du lecteur détectent des nappes d’eau vive, des sources de feu. Les vrais écrivains sont des sourciers. Des guérisseurs. La main magnétique de celui qui écrit se pose sur le cœur à nu du lecteur, résorbe la fièvre, change le sang en eau. »

 « Je ne crois pas vous avoir dit que j’ai un travail, que je suis, comme tout un chacun, soumis à ce mensonge obligé d’un travail, à cette considérable perte de temps, de vie. Je crois que le mieux est de n’en pas parler. Écrire, seulement. Ne rien changer (…) »

 « J’ignore à vrai dire tout de ce que j’écris, de ce que je rêve, pourquoi j’en rêve, pourquoi je l’écris, comment. Je ne sais rien de ce que je fais. Je le fais, c’est tout. Je rêve que je ele fais. Je cherche quelque chose. Je ne sais quels chemins sont les plus favorables. Je les emprunte tous, tour à tout ou simultanément (…) ces mots qu’une seule lecturen’épuise pas, qui me réjouissent, ces mots que je lis et relis, que je mâche, comme dans une promenade on porte quelques herbes à ses lèvres, entre ses dents (…) »

 « Se taire : l’avancée en solitude, loin de dessiner une clôture, ouvre la seule et durable et réelle voie d’accès aux autres, à cette altérité qui est en nous et qui est dans les autres comme l’ombre portée d’un astre, solaire, bienveillant. »

tout ça est dans Souveraineté du vide, Fata Morgana.

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