journal permanent | 18 février 2016

jeudi 18 février 2016, par sebmenard

73km.

Niseli — Kalivia Verikou.

Entre gris et soleil — vent de face mais assez faible — à deux heures de notre cap global c’est le mont Olympe — régulièrement la présence imposante et blanche (sur son sommet) de la montagne s’élève.


On reprend le rythme doucement — c’est beau on dit souvent que c’est beau — c’est calme aussi (on quitte dès que possible les grands axes) — première journée de route en tee-shirt — soleil sur peau. Puis on arrive dans un village de pêcheurs — ils rentrent tout juste — les bateaux qui viennent frotter contre le sable — certains avec leurs filets — des gestes (un couple de pelicans et beaucoup d’oiseaux).


Dans les villages on cherche des shops des boulangeries — du café on goutte du café (qu’importe pour une fois les milliers de kilomètres et la consommation de café en Europe dit-on) — mobylettes et bagnoles pick-up (des gosses pour filer sans leur casque et dans une odeur d’essence) — à la terrasse d’un bar l’un d’entre eux pour venir — ses yeux qui se posent sur nos vélos.


Stations balnéaires ou plages ou resorts ou quoi — comment ça s’appelle ces trucs — ils construisent des rangées de béton — des immeubles de quelques étages — des baraques — il y a des panneaux des peintures écaillées des asphaltes usés des chiens ils hurlent ils aboient ils nous courent après — la porte des restaurants fermés — la terrasse laissée en place comme depuis plusieurs mois immobile — la poussière par dessus — quelques déchets plastiques — parfois on a l’impression que tout le monde est parti ils ont filé où il n’y a plus rien plus personne — peut-être comme ça pour la saison de l’hiver — les chiens encore — un bus — le parking d’une discothèque — la discothèque elle-même — à Nea Effisos on s’arrête boire une bière et remplir nos « poches » à eau (mais combien de temps a-t-il fallu tourner dans la ville précédente pour en sortir sans prendre l’autoroute ?) — puis des champs — des kiwis (ont remplacé les cotonniers d’hier) — des types partout — la nuit qui vient vite (février) — des gouttes (ça revient en boucle comme le mec qui parlait dans son micro en passant dans les rues — le camion ouvert la benne qui donne - grande ouverte — sur le stock de poules ce qu’il dit on imagine ce sont des prix des offres et au ralenti son camion va dans les rues) (la même chose : dans la plaine de l’est — à Ramallah — à Damas — vers Čičov).


Sous la tente — la pluie — à écrire dans le journal — shaper un monstre peut-être — lire — boire de l’eau (tout à l’heure de l’eau froide très froide sur la peau — puis se rhabiller — être au chaud).


Les vagues — elles s’écrasent là-bas à une centaine de mètres.


Lu : Le cercle du rivage (Laure Morali et Chris Friel).

 « J’avais égorgé une perdrix dans une plaine d’herbes rousses, planté des tournesols dans un peitt pot, tapé à l’ordinateur, mangé des sushis d’algues croustillantes, conversé avec les mouches et construit une cabane, fait emblant d’être un homme quand j’étais de la mer. »

Commencé : une bonne partie de La supplication (Svetlana Alexevitch) qui est une grosse secousse vraiment très puissante.

SPIP | squelette | | soutenir les auteurs | ISSN 2495-6910 | Suivre la vie du site RSS 2.0