Conte et béton (avec photos)

samedi 28 avril 2012, par sebmenard

images : SebMénard, Roumanie, Draganesti-Olt, Hipstamatic à l’iPod sans aucun post-traitement.

La première version de ce texte a été publiée avec différentes images réalisées à l’iPod — la seconde version présente le texte seulement pour mieux travailler la pâte de mots.

seconde version

A l’intérieur des villes aux abords des cités ils avaient alignés des poteaux en béton — c’était pas vraiment droit c’était pas régulier (à quoi avaient-ils pu servir ? — qui pour avoir coulé ce béton ces pierres là ? — qui pour les avoir alignés raides ?) — il y avait bien des baraques encore des trucs en bois — sans doute des familles vivaient là puisqu’elles posaient leurs linges contre les vents (on avait fini par les raccorder au réseau électrique mais pour l’eau c’était pas encore fait) — au milieu de la cour il y avait un pot en ferraille qui fumait sur le feu — pas loin — à l’entrée des stades à l’entrée des lieux de rassemblement ils avaient imaginé des systèmes usé — des portiques en béton des strates de marches aujourd’hui poussées par les herbes (les morceaux de béton — qui pour voir qu’ils s’affaissent courbes étranges et sèches ?) — pour les eaux chaudes ils avaient imaginé tout un circuit — des pilonnes en béton allaient comme sillons dans le ville et peinture blanche jusqu’à hauteur d’homme — personne pour expliquer ça les peintures blanches — faut imaginer posés dessus de gros tuyaux de fer et de rouilles et le corps qu’ils forment tous collés ensemble et les eaux chaudes qui les parcourent — avec le froid des hivers et les étés ils avaient fini par s’écrouler les murs — on pouvait bien y écrire dessus alors comme ça — alors avec un gros pinceau ils annoncent sur le béton des murs qu’ils vendent à qui veut des bêtes à viande — des porcs — quant à nous tous on avait fini par laisser tomber ces choses — en réalité on en savait rien — de leurs vies — c’était quand même l’événement du jour ils écoulaient lentement sous le soleil et dans la poussière quelque chose de noir et gluant colle — ça fumait et l’odeur des pierres encollées sur la terre à même la terre — ça s’étalait comme ça lissé tout au long de la rue une langue d’asphalte toute fraîche — là à l’entrée de ce qu’ils nommaient des usines on trouvait des cabanes encore — les vitres ils les avaient récupérées ou bien alors des coups de pierres dessus (qui pour avoir été le dernier là pour contrôler les entrées les sorties de l’usine ? — qui pour avoir passé des journées entières ici ? — qui pour se rappeler de ces temps-là ? — qui pour avoir fermée une dernière fois la porte absente ?) — ce qui reste : le bruit des pierres sous nos pas le bruit de l’eau — le bruit des bêtes autour — trois chiens là-bas bas blancs contre une cabane en bois — le bruit des blocs en béton concassés étalés sur les herbes et nos ombres — le soleil qui tombe — le bruit des bêtes dans les eaux immobiles le silence — le silence gris lourd des blocs en béton.

première version

De temps à autre - à l’intérieur des villes aux abords des cités - ils avaient alignés des poteaux en béton - c’était pas vraiment droit et les distances entre chacun d’entre eux c’était pas régulier - à quoi avaient-ils pu servir ? - qui pour avoir coulé ce béton ces pierres là ? - qui pour les avoir alignés comme ça raides ?

Il y avait bien des baraques encore des trucs en bois - des familles vivaient là qui posaient leurs linges contre les vents c’était des cordes tendues - on avait fini par les raccorder au réseau électrique mais pour l’eau c’étais pas ça encore - au milieu de la cour y’avait un pot en ferraille qui fumait sur le feu.

A l’entrée des stades à l’entrée des lieux de rassemblement - ils avaient imaginé des systèmes désormais usé - des portiques en béton des strates de marches qui ne tiennent plus poussées par les herbes - les morceaux de béton - qui pour voir qu’ils s’affaissaient courbes étranges et sèches ?

C’était pour les eaux chaudes - ils avaient imaginé tout un circuit pour les eaux chaudes - des pilonnes en béton allaient commence sillons dans la ville et peinture blanche jusqu’à hauteur d’homme - personne pour expliquer ça - les peintures blanches - faut imaginer dessus des gros tuyaux de fer et de rouilles et le corps qu’ils forment tous collés ensemble et les eaux chaudes qui les parcourent.

Certains s’étaient dit c’est comme ça le béton les murs - plutôt ceux qui restent parce que beaucoup entre les types qui viennent là pour en prendre quelques mètres et puis le le froid des hivers et les étés ils avaient fini par s’écrouler les murs - donc on pouvait bien y écrire dessus alors comme ça - avec un gros pinceau et de la peinture ils annonçaient sur le béton des murs qu’ils vendent - à qui veut - des bêtes à viande - des porcs.

On avait bien fini par laisser tomber ces choses nous - en réalité on n’en savait rien - leurs vies - c’était quand même l’événement du jour - ils écoulaient lentement sous le soleil et dans la poussière - quelque chose de noir et gluant colle - ça fumait et l’odeur des pierres encollées sur la terre à même la terre - ça s’étalait comme ça lissé lissé tout au long de la rue - une langue d’asphalte toute fraîche et pour la première fois là.

A l’entrée de ce qu’ils nommaient des usines - c’était des entrepôts carcasses en béton fer désormais vides et depuis quand - on trouvait encore des cabanes - les vitres ils les avaient récupérées ou bien alors des coups de pierres dessus - qui pour avoir été le dernier là pour contrôler les entrées sorties de l’usine ? - qui pour avoir passé des journées entières ici ? - qui pour se rappeler de ces temps-là ? - qui pour avoir fermée une dernière fois la porte absente ?

Ce qu’ils avaient pu imaginer vraiment - faut voir - c’est quelque chose comme une marre enfin l’eau stagne - les bêtes qui sont là - le bruit qu’elles font - les nuages reflet le ciel dans l’eau - un cylindre en béton ça s’enfonce dans l’eau - peur.

Des blocs de béton gros comme - pour les apporter là l’aurait fallu - ou bien alors coulés là - directement - leurs masses - et pour quoi alors - peur.

(le bruit des pierres sous nos pas le bruit de l’eau - le bruit des bêtes autour - trois chiens aboient là-bas blancs contre une cabane en bois - le bruit des blocs de bétons concassés étalés sur les herbes et nos ombres - soleil qui tombe - le bruit des bêtes dans les eaux immobiles le silence - le silence gris gris lourd des blocs en béton)

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