journal permanent | 28 août 2022

dimanche 28 août 2022, par sebmenard

fin du temps
de l’été
aujourd’hui nous avons
nettoyé astiqué
brossé lavé de grand
la petite école de l’enfant
jeté quantité de déchets
imaginé peut-être
tant de façons de faire
tenir l’endroit
puis roulé
descendu rivière
puis fleuve
dnas le soleil et la poussière
retrouvé l’abri croisé
connaissances amies


et le poème bassin-verse, s’écoule, se condense, faufile, sédimente, limone, s’envase aussi parfois — et se boue pendant qu’un quelque chose, la vie peut-être, continue d’être cette chose, la vie peut-être, et à se satisfaire d’un silence apparent, mes silences peut-être.


l’exploration première — une suée des territoires — une traversée liquide et intime — une performance silencieuse et pulsative — un acte zen sans le savoir — une déterritorialisation sans la comprendre ni nommer — un chant d’écoute — et alors, enfin, on ne sait plus rien et tout est clair pour un instan tun instant car ensuite — tout reprend sa forme brumeuse, changeante, et les bassins-versants versent — et toi alors — quel est ton propre écoulement ? quelle est ta pente ?


or ce que la vie indique — c’est une fuite de chaque lieu — refuge — abri — bivoauc — et on peut faire durer longtemps cette fuite — aussi longtemps que l’on saura se remplir de la fuite elle-même — se nourrir de son grand vide — ou encore : tant qu’on saura couler quelque chose comme de l’amour sur ce qui fuit de nos corps dans le besoin montagnes froides.


mais fuir — c’est trouer le réel — trouer le réel comme la parole ne cesse de trouer le réel avec mots — avec grognements — avec ce que nous ne savons pas nommer — un mouvement continu — et fuir est une pulsion — et tu ne sais pas le dire — et mon fils se lève et demande « mais pourquoi on n’est pas des resteurs ? » — et ça, la fuite, l’enfant, il faudra y revenir (du verbe revenir).

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