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vendredi 6 septembre 2019, par sebmenard

fêves agua dulce ou grano violeto — oignons jaunes sutton et les aulx de l’an passé les pois à rames tous rendus à la terre et que je troque contre manche en bois — que je troque à la terre contre manche d’arbre coupé écorcé tenu en main comme si — comme si l’outil y était vérifiant je ne sais pas vraiment quelle façon d’imaginer des gestes : soulever un tas de foin, de paille, et puis quoi encore cherchant probable poème tout l’après-midi et dans le vent froid soufflant soufflant lui au moins soufflant — sais-tu à quels moments tu es là vraiment là ? sais-tu cela ? et si cela t’arrive à quels instants remets-tu la vie dix à quinze minutes et encore ? — et puis des livres de poèmes qu’on achète sur les sites des multinationales du commerce encore de la poésie parfois je voudrais être en haute montagne au bord d’un lac sous un tipi de randonnée (par exemple) ce serait un moyen de s’approcher — je veux dire de m’approcher nous approcher et je ne sais pas vraiment de quoi — certains jours nous ne faisons que passer et c’est si clair et si grand (entier) et si beau et si doux et si tiède qu’un poème qui le dit c’est ridicule et alors ça sent peut-être la terre, le vent, l’humus, la fiente, le feu, l’herbe, l’eau oui, tout ça, ce que je prends, avide et tranquille car un jour nous retournerons au vrai humus (Daniel Biga).

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