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Cnudde, Sandrine | Patience des fauves

mercredi 10 janvier 2018, par SebMénard

 

 

 

 « Si je vous raconte ça, c’est que je suis en train de poser des balises, je jalonne, j’inventorie, j’herborise ma sauvagerie. »

p. 28

 

 

 

 « Se réfléchir en un trou d’eau, à un pas du renversement
et laisser à une seule question le soin d’exister :
Qu’allons-nous devenir ? »

p. 31

 

 

 

 « En partant de chez moi à pieds pour rejoindre ma résidence d’écriture, près de 200 km plus à l’ouest, il me semble avoir accompli non pas un acte courageux (quel serait le courage à faire ce qu’on aime en totale liberté ?) mais d’avoir participé à une écriture du territoire, où mon chien et moi avons évolué dans des paysages bien connus, déjà explorés par le passé, dont le temps pour les traverser nous imprègne en profondeur, moi même écrite par le territoire d’une reconnaissance infusée. Rafraîchie, comme on dit en informatique. »

p. 102

 

 

 

 « Alors
je vais me taire.

Je vais arrêter de parler je vais arrêter de marcher je vais me trancher l’enjambée je vais cesser de gesticuler je vais mettre la camisole à mon geste et même rompre mon chant que j’aime dans ma gorge je vais regarder tomber le jour regarder comme il tombe du matin au soir bâillonnée
par la beauté qui pose sa muselière de goudron sur ma paroe crevé je vais me souvenir de quand j’étais cehval et que je n’avais pas de parole
je vais me souvenir de quand je faisais l’Indien et que je tombais sur l’ennemi en grand silence je tombais mai ssurtout je courais je courais je courais
du matin au soir.
Maintenant je vais me taire
je vais attendre qu’il se passe quelque chose.
 »

p. 147

 

 

 


Cnudde, Sandrine, 2017, Patience des fauves, Po&Psy éditions Érès.

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