journal permanent | 24 octobre 2017

mardi 24 octobre 2017, par SebMénard

Tôt à lire.

Relecture de Tabacaria de Fernando Pessoa :

 « Aujourd’hui je suis divisé entre la loyauté que je dois au Tabac d’en face, chose réelle au dehors
Et la sensation que tout est rêve, chose réelle au dedans. » 

(et puis retrouver l’Apothicaria de Valérie Rouzeau)


Ou encore, pourquoi être tombé sur L’Ascension du Mont Ventoux (Pétrarque, traduction Denis Montebello) ?

 « Dans une petite vallée, nous rencontrâmes un vieux berger qui tenta de mille manières de nous dissuader de monter, nous racontant que lui aussi, cinquante ans auparavant, poussé par la même ardeur juvénile il avait fait l’ascension jusqu’au sommet, qu’il n’en avait rapporté que larmes et sueur, le corps et les vêtements déchirés par les pierres et les ronces, et qu’il n’avait jamais entendu dire que d’autres, avant ou après lui, eussent tenté pareille expédition. »

pp. 30-31

 « (…) il est impossible pour un corps de gagner les hauteurs en descendant »

p. 33


Et Bergounioux dans Le Bois du Chapitre :

 « (…) la lumière tiède, changeante, où nous passons. »

p. 17

ou :

 « Les bois des Caures et du Chapitre, le bois Furmin sont revenus après les jours sépia durant lesquels leur nom, chargé de terreur, planait sur leurs pentes charruées, tonnantes, où nul brin d’herbe ne subsistait. L’homme, seul. Ils penchent à nouveau vers l’étant où les carpes font des ronds. Ils cloisonnent la route soigneusement talutée. L’œil ne décèle rien de particulier. Je connais des combres semblable, des bois pareils, des encaissements plus âpres, encore, en Limousin. »

p. 47


Dans La puissance du souvenir dans l’écriture (Bergounioux) :

 « L’intrusion de la modernité dans les enclaves du vieil âge a ruiné subitement l’univers de nos éveils. Nous avons été enlevés au temps immobile, à l’immédiateté. »

p. 8

 « C’est alors que la vie qu’on menait, sur les confins, s’est tue, comme s’ils avaient été assortis aux âges anciens, et dussent finir avec eux. »

p. 22


Incapable de mettre dans la boîte à pixels ce que je vois.


Au soir, début de la lecture du projet El Pocero d’Anthony Poiraudeau.

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