journal permanent | 3 janvier 2016

dimanche 3 janvier 2016, par sebmenard

Sommes arrivés tôt dans la ville — dans un café à lire des articles dans Vienna (que lit-on du web lorsque la wifi ne fonctionne plus) — écrire : pourtant des idées filent.


Antoine Emaz — réponse à la question « l’art, un recours ? » sur Poezibao :

Alors, l’art comme recours ? Je ne sais pas.

Je crois que dans un premier temps, non. J’ai surtout besoin de silence, de distance, de solitude. Pas vraiment pour réfléchir, simplement pour me retrouver, et retrouver les autres, après. Une sorte d’écart. Si je pouvais partir au bord de la mer, je le ferais. Là, je marche souvent dans une longue avenue sans voiture, bordée de vieux platanes en tenue d’hiver, qui donne sur un grand jardin public. Ou bien, à la maison, je fais de la cuisine, me repose, travaille un peu. Je lis les recueils de poésie qui arrivent, j’écris aux amis ou dans le carnet ; si j’écoutais de la musique, je crois que serait du Bach, les suites pour violoncelle, ou en jazz, du Chet Baker, mais j’aime autant le silence. Tu vois, je ne crois pas qu’il y ait, au moins pour moi, un recours spécifique à un art particulier en temps de misère. Au contraire, j’ai besoin de retrouver la présence normale, habituelle, quotidienne de l’art, c’est-à-dire sa capacité à nous ramener à la vie, à une possible beauté, à un espoir maigre, lucide.

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