Monstre des chemins | 18

dimanche 19 juillet 2015, par sebmenard

On finit par arriver dans un ville de l’Est et peu importe — son nom sa forme et ses vents — c’est une ville de l’Est — ça faisait en fait plusieurs centaines de bornes qu’on avait en tête le nom d’une ville de l’Est — il y avait eu des panneaux des signes et des cartes — ils portaient tous le nom d’une ville de l’Est — pour nous c’est une ville de l’Est — alors on arrive et on s’y lave — on s’y lave à plusieurs reprises et tendrement et chaudement nos peaux nos corps se lavent de leurs crasses et tout nous quitte — nos peaux mortes — nos poussières — nos suées — à un moment on se penche et on boit une eau elle est pleine de souffre on dit — nos muscles alors tous ensemble se relâchent et tombent doucement — dans nos bouches — il y a déjà le nom d’une autre ville — sans doute plus à l’Est.

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