journal permanent | 21 juillet 2013

dimanche 21 juillet 2013, par sebmenard

Dans Coup de tête Guillaume Vissac évoque à de nombreuses reprises un paquet de madeleines industrielles — lors de ma lecture (c’est encore en cours — j’ai une lecture très lente de Coup de tête — indifféremment sur l’iPod ou la Kobo et même sur l’écran du Mac — donc il m’arrive de relire des passages car les trois machines ne se synchronisent pas) (pour cette fois ça ne me gêne pas mais j’aimerais avoir cette fonction) j’ai aussi noté ces madeleines — non plutôt le paquet de madeleines :

- je me souviens que Joachim Séné les évoque ainsi :

pour les avoir, venues du distributeur Selecta, et la première madeleine fait pas tout de suite redescendre la mémoire, une mémoire plutôt disphosphate disodique que proustienne

- Antoine Bréa note :

Je ne saurais dire si ç’a été tout à fait cherché par l’auteur, mais j’ai ri du motif du sachet de madeleines répété à foison dans le livre : madeleines industrielles qui n’évoquent que la manducation et l’avalement, le corps réduit aux fonctions digestives, la difficulté de se nourrir sans argent et d’une main ; des madeleines, en somme, anti-Proust.

- pour ma part ma connaissance de Proust est beaucoup trop limitée — inexistante — un jour sans doute — mais cette récente note dans le journal de Guillaume Vissac me trouble particulièrement :

Quant aux madeleines dont parle Antoine Bréa (il lit Coup de tête, je lis Méduses, l’équilibre du monde est préservé), c’est un accident industriel. Joachim en avait parlé lui aussi. La vérité, c’est que si je m’en étais rendu compte pendant les corrections, je les aurais censurées, remplacées par autre chose (dans une version antérieure, des crocos Haribo).

Cela me rappelle que j’ai une conception beaucoup trop obtue de l’écriture — et qu’il est temps que ça change (incapable de construire je ne sais que prendre des choses brutes le réel).


Toute l’après-midi avec une pagaie et des flottes — fatigué le corps cette sensation d’exister d’être là vraiment là au soir quand on coupe en morceaux une courgette jaune et de l’oignon rouge — on le dit en pensant au projet des routes et des légumes.

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