Accueil du site > Carnets | SebMénard > fantômes > matins dont tu te souviens, avec les fantômes | 1

matins dont tu te souviens, avec les fantômes | 1

jeudi 10 février 2011, par sebmenard

liste des matins dont tu te souviens - avec les fantômes

tu t’étais réveillé et la bagnole roulait lente dans les rues d’une ville de l’Est - tu t’étais réveillé et ça sentait la clope dans l’habitacle et le soleil à travers les vitres et ta tête qui tape tape contre le frais et les corps tous serrés dans l’habitacle

tu t’étais réveillé dans la tente à demi-montée et les sapins et gueule en vrac les corps nus sous l’eau froide d’une cascade - les types qui marchent autour le goût du café soluble

tu t’étais réveillé sur un parking poussière le soleil sur nos gueules les portes ouvertes de la bagnole tu avais pris ton appareil photo l’eau coulait à côté

tu t’étais réveillé sur un rond-point le train vieux convoi de fer qui file file les bagnoles les gosses les ballons les vieux camions nuage noir à Belgrade

tu t’étais réveillé après la tempête les branches d’arbres autour et les sardines en boite tu avais mangé dans les chiottes et ça tremblait encore comme un orage

tu t’étais réveillé dans les Carpates le nuages du matin et la douche froide le cochon qu’ils égorgent à même le gravier liquide rouge sur le bleu ça te reste dans l’œil - le liquide rouge sur le bleu

tu t’étais réveillé dans l’herbe froide et les épines des sapins et la grande ville à côté tu ne l’entends pas un pneu crevé vulcanizar

tu t’étais réveillé dans l’herbe humide avec la montagne en face avec le champ immense tu t’étais réveillé raide raide

tu t’étais réveillé au bord de l’eau et les types qui viennent frapper aux toiles de tentes le sel sur la peau

tu t’étais réveillé dans l’herbe humide et les barbelés barbelés - tu ne sais pas comment dire

tu t’étais réveillé dans la bagnole et la chaleur absinthe les jambes encore usées d’avoir marcher comme ça dans la ville

tu t’étais réveillé sous les sapins l’odeur d’un feu éteint

tu t’étais réveillé les bougies éteintes tout autour dans la tente la toile en pente et les types qui montent comme ça droit dans la montagne

tu t’étais réveillé dans la chambre bien serré tous les fantômes entassés dans un hôtel bon marché

SPIP | squelette | | soutenir les auteurs | ISSN 2495-6910 | Suivre la vie du site RSS 2.0