Journal permanent | 09 juin 2012

samedi 9 juin 2012, par sebmenard

Commence au matin La Digue - la claque des premières lignes :

Pas de bout, pas aux choses, pas à soi, peut-être pour ça qu’on va sur la digue, on regarde la mer, les falaises, les villas, à la fin on revient, on attend de recommencer, au milieu de la vie qui passe.

Après je note ça :

Sans doute un souffle - une lancée de saxophone (comme j’aurai aimé savoir jouer du saxophone) (pour souffler dedans comme un dingue) - une langue qui s’affiche dès les premières lignes - une langue face au réel.

C’est la mer à gauche quand on va à la Pointe aux Oies, à droite ce sont les cabines, les villas, les immeubles récents, et puis aussi le Grand Hôtel, les choses, ça arrive, on ne les voit plus, on croit les savoir par cœur, on n’écoute plus rien.

C’est un endroit bien réel - il existe (la clef est la fin du premier mouvement de texte) - c’est noter comme on oublie nos sens à refaire les mêmes routes - nos attentions qui diminuent (au profit de quoi ?) - on écoute plus rien : comment c’est la vie alors ?

Peu de sens sur la digue, même pour ce qui se répète, rien d’immédiat, seul le goût du trajet, aller au-dedans, rien ne se perd, quand on arrive au bout, vers l’impasse, on revient, on recommence, on imagine se taire un peu plus.

Le texte est une spirale - on creuse la digue - l’idée de la digue - on y marche combien de fois (c’est pour le goût du trajet)(le goût de lire)(le goût de l’écrire) - c’est aussi qu’on est face au grand vide - « se taire un peu plus ».

Lecture commencée dans le matin sur l’iPod - j’essaie de reprendre plus tard dans la journée via Firefox - impossible entrer à nouveau dans le texte - l’exigence de la langue et la forme du texte ne passe pas comme ça - ou bien c’est l’attention trop basse.

Même effet à l’entrée que première lecture Emaz a 18 ans.


Télécharge la mise à jour de Incipit et Où que je sois encore puis lis les 140 tunnels en mode aléatoire - en repassant de nombreuses fois sur les mêmes textes.

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